Récits de vie

Écrire au courant de la plume

Le 25 mai 2021

Une critique littéraire

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Bonjour, chère Lysette, bonjour, cher Maurice,

Lysette, j’ai lu avec attention et grand plaisir ton livre Écrire au courant de la plume. Récits, réflexions et nouvelles.

Avec grand plaisir, car tu nous offres des aspects de ta vie, en compagnie de Maurice, des enfants et petits-enfants, et de la famille. Nous partageons vos beaux Noëls et vos joyeuses fêtes! Quel hommage à votre père si extraordinaire!
 
C’est très intéressant.
Mon chapitre préféré est celui où vous êtes, les enfants, en train de faire les courses pour votre papa qui lit son journal en attendant que vous remplissiez le chariot.
Je trouve ça amusant, dynamique et tellement vrai.
Il y a beaucoup de souvenirs très bien présentés, le diplôme du père, dont je parlais, le poète tombé du ciel, c’est très touchant, la réception de monseigneur, des passages dramatiques, l’autoroute des larmes, des pages spirituelles aussi comme la visite à Assise, et finalement la rencontre avec un saint François un peu déroutant.
J’aime aussi tes citations de grands auteurs.

Ton questionnement durant les insomnies rejoint nombre de personnes, c’est bien formulé.

Tu soulignes fort bien tout le travail de Jacques Flamand et de Monique Bertoli.

Ta foi est éclairante, tu n’es pas repliée sur toi-même, tu es attentive à la misère de tout le monde, tu es très humaine, et tu conclus avec le plus grand des poètes!

Les Éditions de la francophonie ont façonné un beau livre; les photographies apportent un complément de chaleur humaine.

Tu as énormément travaillé pour ce livre, qui est un reflet de ta vie d’attention aux autres, de quête constante de la beauté chez l’autre.

Chère Lysette, continue à écrire, ta plume nous est essentielle. Je suis certain que lectrices et lecteurs cueilleront dans tes pages des réflexions pour la vie et aussi des aides pour surmonter les difficultés du quotidien, et peut-être trouver, comme toi, leur voie dans une spiritualité à l’écoute des autres. 

Félicitations chère Lysette, bonne écriture et toutes nos amitiés à toi et à Maurice.

Jean-Louis Grosmaire et Michel

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Une critique de Germain Dion
dans Facebook de :
Bûlants secrets de Marianne
« Marianne »,
de Lysette Brochu, une bonne fresque historique

http://www.germaindion.com/2016/09/06/marianne-de-lysette-brochu-bonne-fresque-historique/


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LYSETTE BROCHU nous trace, dans Brûlants secrets de Marianne, une  fresque historique des difficultés multiples vécues par un couple francophone dysfonctionnel qui s’expatrie dans le Nord de l’Ontario pour ouvrir de nouvelles terres au début du XXe siècle.

Après leur mariage, le couple part de Fournier et Casselman, dans l’Est ontarien près d’Ottawa,  pour s’installer à Matheson, une communauté en développement située dans le Nord des défricheurs. Ils perdent tout dans le grand feu de forêt de 1916. Le titre du livre aurait fort bien pu être : « Brûlant destin de Marianne »
, au lieu deBrûlants secrets.  Lysette Brochu nous décrit avec tant d’émotion ce gigantesque incendie qu’on pourrait croire qu’elle s’est inspirée de celui de Fort McMurray, en Alberta, en 2016, sauf que c’est impossible. Elle a écrit son livre deux ans avant.

Marianne a souffert toute sa vie dans sa famille : alcoolisme du couple, incompréhension, absence du mari, trop d’enfants, neuf exactement, dont trois perdus en bas âge (y compris un né adultérin). En ces temps-là, la rigidité religieuse commandait d’accepter avec résignation les malheurs de la vie alors que les colons ne connaissaient ni électricité, ni eau courante ni radio.
Marianne encore enfant a perdu sa mère, atteinte de maladie mentale, et s’étant suicidée. Elle souffre elle-même du même mal. Son mari Albert – plus vieux qu’elle – la décrit, à un moment donné, comme une femme « toujours entre le 
up and down ». L’anglais se faufile sans cesse plus dans ce foyer.


Le père de Marianne, Fred, est un irresponsable qui a abusé d’elle jeune au moins une fois et qui s’en prend une autre fois à une de ses petites-filles. Relater surtout la première scène, au début du livre, constituait une scène difficile. Lysette Brochu s’en sort avec habileté, avec des mots explicites sans tomber dans l’exagération.

La Première Guerre mondiale s’infiltre comme par hasard dans ces régions éloignées par quelques  vieux journaux de Toronto qui atteignent ces terres en friche éloignées. Peut-on aurait-on dû en parler davantage ? Peut-être.

L’éloignement, le dénuement, le travail dur, la pauvreté et la nécessité de couper les « cennes » en quatre pour arriver résume la toile de fond du début. Ensuite la situation s’améliore. Mais les époux cèdent alors, l’un et l’autre, à d’autres dieux. Les enfants ne s’en trouvent que plus déchirés.

L’auteure, avant traiter ce sujet, son premier roman, a publié plusieurs livres pour enfants et au moins deux d’autobiographie. Originaire de Sudbury, elle connaît très bien l’Ontario; et elle y reste attachée. Cela paraît dans son inspiration.

Lysette a écrit Marianne en langue du peuple, le « canayen », par  choix volontaire et pour une raison d’authenticité. Accordons-lui le mérite d’une solide oreille musicale, car elle le transcrit très bien. Elle a enseigné toute sa vie. El elle demeure depuis décennies à Gatineau, au Québec, avec son mari.

N’escomptez pas uniquement de la détente en lisant ce roman. Certains passages, je le répète, sont pénibles. Mais le lire en vaut la peine car il nous met les points sur les 
i sur des réalités qui ont existé.

Et, entre nous,  Canada pour Canada, le Nord de l’Ontario à cette époque devait assez s’apparenter à l’Abitibi qui fut au Québec une autre terre de colonisation.

* *

De son côté, L’actualité(1) vient de rappeler ce 27 juillet 2016 le noir centenaire de ce sinistre feu de forêt de Matheson dans le Nord de l’Ontario, et de ses villages voisins, qui fit près de 225 morts. Tout n’était qu’une langue interminable de désolation. Il reste à ce jour l’incendie le plus meurtrier au Canada.

(1) Jonathan Trudel, « Mes racines incendiées », L’actualité, 27 juillet 2016.
 
LYSETTE BROCHU
Brûlants secrets de Marianne roman, 2014
Les Éditions du Vermillon 305, rue Saint-Patrick Ottawa ON K1N 5K5 613-241-4032     Fax : 613-241-3109 leseditionsduvermillon@rogers.com
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